Un ministère de communion


Un séminariste de Strasbourg

De retour d’ARS, un séminariste de STRASBOURG s’exprime, après un partage avec son équipe de vie.

La journée de rencontre avec Jean-Paul II, le 6 octobre 1986, à ARS, a été un temps fort dans le discernement de ma vocation.

En premier lieu, la présence de cet homme au milieu de centaines de prêtres et séminaristes, tous différents, tant par leur origine que par leur insertion pastorale ou leur sensibilité de croyant, m’a interpellé sur ce ministère de communion, d’unité, essentiel dans son rôle de pasteur. Au-delà des diversités évidentes, Jean-Paul II signifiait l’unité profonde qui existe entre tous ces diacres, tous ces religieux, tous ces prêtres, évêques et séminaristes. Ce ministère de communion de Jean-Paul II m’a renvoyé au ministère d’unité qui est celui de tous les prêtres : réunir et unifier la communauté à laquelle ils sont envoyés, signifier pour cette communauté la communion avec les autres communautés chrétiennes et toute l’Eglise, être un acteur de l’unité entre toutes les Eglises chrétiennes. Ce ministère de l’unité, essentiel pour l’avenir et la crédibilité de l’Eglise, a mis pour moi en évidence la nécessité de dépasser mes propres "unilatéralismes" pour être tout donné à cette mission.

La méditation de Jean-Paul II m’a rendu sensible aux exigences de la vie du prêtre, m’interrogeant sur la qualité de la formation et de mon discernement. L’annonce de la Parole de Dieu, la célébration des sacrements, la vocation de pasteur qui constituent l’essentiel du ministère du prêtre, sont autant d’appels à la conversion personnelle, une conversion à l’amour, à la pauvreté, à la simplicité et à l’humilité, afin de devenir signe d’une Eglise qui aime, sert, accueille et relève tous ceux qui ne croient plus à la vie ou qui en ont été déçus.
"Il n’y a pas beaucoup d’amour dans cette paroisse, vous en mettrez" ; cette parole du vicaire général à Jean-Marie Vianney avant qu’il n’aille à Ars, m’a ouvert les yeux sur la priorité de l’amour dans la mission pastorale. Au-delà des techniques, des spécialisations, le commandement de l’amour est premier dans la vie et l’action du prêtre et de toute l’Eglise : réconcilier l’homme avec lui-même, avec la vie, avec ses frères et son Dieu. Ce ministère de réconciliation met en lumière les imperfections et la fragilité du "vase d’argile" que je suis.

Enfin, cette journée, de par la dynamique de son organisation (rencontre avec l’évêque de Rome, repas pris en commun avec des séminaristes et des prêtres de toute la France, puis célébration en plein air avec les chrétiens du diocèse de BELLEY) m’a renvoyé à mon propre diocèse, à ma propre communauté.

Cette rencontre a été un véritable "bain d’Eglise" où j’ai découvert en Jean-Paul II un homme de foi, d’expérience, un croyant simple, proche de ses frères.

J’ai découvert la richesse et la diversité de l’Eglise de France, à travers la rencontre avec d’autres séminaristes et l’eucharistie avec les chrétiens de Belley. Ce rassemblement m’a permis de resituer ma propre expérience dans la mission d’une Eglise qui a pris pour moi un nouveau visage, différent de celui, lointain, anonyme et inhabité, qui transparaît parfois à travers les textes officiels.

"N’ayez pas peur... Laissons-nous mener par l’Esprit Saint, en Eglise"

Après cette journée, je poursuis mon cheminement dans la confiance.