Rencontre sur la pastorale des vocations religieuses


DANS LES PAYS DE l’EUROPE OCCIDENTALE

Fernand BECRET *

L’Union des Conférences Européennes des Supérieurs Majeurs (religieux et religieuses) a comme but de développer la collaboration des Conférences des Supérieurs Majeurs entre elles et avec d’autres instances, de stimuler la réflexion et l’action pour la promotion de la Vie Religieuse.

  • La prochaine Assemblée en Novembre 1985 portera sur la Pastorale des Vocations
  • C’est pour préparer cette Assemblée qu’a été organisée une rencontre, la première du genre, entre une trentaine de responsables de Pastorale des Vocations représentant les Conférences des Supérieurs Majeurs d’Europe occidentale.

- HARMONIQUES

Un certain nombre de convergences se sont dégagées des exposés et échanges.

UNE SORTE d’IGNORANCE DE LA VIE RELIGIEUSE DANS LE PEUPLE DE DIEU. :

La Vie Religieuse est connue par son aspect fonctionnel, beaucoup moins en son identité. On peut rattacher à ce constat les limites - souvent l’absence - de la collaboration entre les diocèses et les Instituts, même si des progrès importants ont été réalisés, et le désir d’une bonne présentation de la Vie Religieuse dans les séminaires.

PARMI LES CAUSES DES DIFFICULTES EN PASTORALE DES VOCATIONS, IL EN EST QUI NOUS DEPASSENT :

Celles qui tiennent au contexte culturel du monde occidental. Se rappeler la conférence du Père MADELIN à la session d’lssy-les-Moulineaux en 1984.

L’IMPORTANCE DE l’ATTENTION PORTEE AUX JEUNES :

Nous avons à connaître leurs mentalités, leurs langages, leurs manières de vivre la foi.
Il nous faut savoir en particulier quelle est leur attitude face à la Vie Religieuse. A Rome, il a été rappelé, par exemple, parmi les difficultés que cette vie représente pour eux :

  • la crainte de s’aliéner à l’intérieur de structures fortement institutionnalisées avec l’étouffement de la créativité et de la spontanéité
  • les multiples possibilités de servir l’Eglise sans engager toute son existence dans une forme de vie déterminée
  • la place problématique de la femme dans l’Eglise.

On ne peut trop s’étonner que des jeunes motivés recherchent d’autres engagements que ceux des familles religieuses traditionnelles.

La Pastorale des Vocations s’enracine dans la Pastorale des jeunes et se met en oeuvre avec leur concours.

En Espagne et en Italie notamment, on y insiste : c’est vraiment à l’intérieur de toute une démarche de foi que les appels de Dieu peuvent retentir et être accueillis. Cela ne supprime pas la nécessité d’actions spécifiquement vocationnelles : accompagnement personnel, écoles apostoliques, groupes vocationnels, temps forts, prière... En ces domaines, les religieux du Portugal et de Malte sont particulièrement actifs.

Il ne faut pas oublier que les jeunes ouverts à l’Evangile sont attirés par le service des plus démunis (efforts des religieux et religieuses hollandais),et par des communautés aux repères clairs, ardentes, priantes, témoignantes, joyeuses (communautés d’accueil, communautés nouvelles...)

LA PASTORALE DES VOCATIONS PASSE PAR LA PASTORALE DE NOS PROPRES VOCATIONS

Certaines idées qui circulent parmi les religieux et religieuses sont démobilisatrices :

  • l’oeuvre qui a motivé le surgissement de beaucoup de Congrégations est aujourd’hui réalisée par d’autres institutions
  • dans de nombreux Instituts, le prophétisme du charisme fondateur s’est affadi
  • la crise est voulue par l’Esprit-Saint pour indiquer de nouvelles voies. Les communautés nouvelles ne doivent-elles pas coïncider avec la mort de nos Congrégations ?
    Peut-on encore accepter des jeunes chez nous ?

- A NOTER

  • Les différences de milieu socioculturel. Les pays européens sont différemment touchés par la sécularisation. Dans certains d’entre eux, ce qui reste d’un monde de chrétienté permet une entreprise de recrutement que nous aurions du mal à admettre en France.

  • Dans plusieurs endroits (Espagne, Italie), on remarque une insistance sur la place des animateurs en Pastorale des Vocations, sur leur dégagement d’autres tâches, sur leur formation.

  • En Espagne, la Pastorale des Vocations animée par le Secrétariat National de la Conférence des religieux-religieuses ne laisse pas d’être impressionnante.
    Action basée sur un plan d’ensemble et touchant de multiples communautés.
    C’est ainsi, par exemple, que 240 Provinces religieuses ont déjà suivi un séminaire de formation en vue d’une planification en pastorale des Vocations.

  • Ces quatre dernières années, en Europe, le nombre des novices hommes et femmes est en augmentation, même s’il existe des différences entre les pays.

  • La demande religieuse des jeunes d’aujourd’hui a été généralement présentée comme une réalité essentiellement positive. Tout en accueillant, n’y a-t-il pas à rester vigilants et critiques ?

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- DEUX OBSERVATIONS EN TERMINANT

  • Dans le monde des religieux, beaucoup - et pas seulement des religieuses - ont du mal à se reconnaître dans une présentation trop "ministérielle" de leur vie. Un certain nombre d’Instituts sont nés et se sont développés dans une démarche de type prophétique, aux frontières de l’Eglise.
    Servir les vocations dont dépend leur à-venir, c’est respecter et promouvoir leurs charismes, c’est accepter une prise de parole et d’initiative par les religieux et les religieuses dans la dynamique qui leur est propre.

  • On ne peut être que frappé par la fécondité d’une supervision de nos pastorales vocationnelles. Chez les religieux - religieuses plus qu’ailleurs, la tentation existe d’un repli sur sa Congrégation et parfois même, d’initiatives sauvages.
    Un partage et une confrontation font éclater ces excessifs particularismes. Illustration en a d’ailleurs été donnée à Paris dans la session nationale U.S.M.F.- S.N.V. (voir ce qui en est dit en ce numéro de JEUNES ET VOCATIONS).

    Sur ces deux plans, la rencontre européenne de ROME est une courageuse initiative.

* Le Frère Fernand BECRET est membre de l’équipe nationale du S.N.V. [ Retour au Texte ]