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Supplément à Jeunes et Vocations N° 8 : en école catholique : "Vocation et Projet de vie - Des réalisations - Des idées pour 1978"


Voici un an, le Secrétariat général de l’Enseignement catholique et le Centre National des Vocations publiaient conjointement un document sur le thème " Vocation et projets de vie " (E.C.D. 322).
Cette recherche commune, amorcée au sein de la Commission nationale de pastorale, avait pour objet de proposer aux communautés éducatives quelques voies de réflexions et d’actions à entreprendre avec le conseil et l’appui des services diocésains des Vocations dans les perspectives pastorales définies par l’Enseignement catholique.
Par ailleurs, dans "Enseignement catholique Actualités" n° 42 du mois de mars dernier, était présentée sous forme d’interpellations une série de pistes de travail pour les chefs d’établissements, les éducateurs, les animateurs d’aumônerie.
L’impulsion ainsi donnée s’est concrétisée dans un grand nombre de réalisations qui ont pris des formes très diverses selon le caractère es établissements, leurs besoins, le contexte local :

- à Besançon, 12 groupes d’approfondissement de la foi se sont organisés rassemblant adultes et jeunes du second cycle ;

- à Toulouse, des chefs d’établissements se concertent pour organiser le session sur le thème de la vocation des jeunes ;

- à Clermont-Ferrand, une action est entreprise dans le primaire ;

- à Rennes, plusieurs établissements mènent des recherches originales, une réunion est prévue à l’échelon diocésain à l’automne ;

- à Metz, un atelier a travaillé après avoir participé à une session nationale animée par le Père Cloupet, Directeur diocésain de l’Enseignement catholique de Bordeaux. Etablie à partir du document " Vocation et projets de vie " et " des 67 propositions ", la recherche a porté sur " notre propre vocation, sur celle des jeunes ; comment lui permettre de se réaliser, de s’exprimer ; également sur la vocation de l’Enseignement catholique lui-même " ;

- à Lyon, à Paris, à Bayonne, des initiatives s’organisent. L’espace manque dans ces pages pour relater leur multiplicité et leur richesse.
Nous proposons quatre d’entre elles qui pourront inciter à entreprendre ou à persévérer...
L’enjeu d’aujourd’hui est d’abord la mise en place d’équipes éducatives, soucieuses d’une formation complète des jeunes, cela suppose reconnaissance, formation, statut. La qualité de la catéchèse, mais aussi celle de toute la vie à l’école sont en cause. Nous n’avons pas toutes les solutions mais ensemble cherchons-les.

Amiens Pour voir au-delà des rôles et des fonctions

Que peut faire un enseignant pour favoriser la vocation d’un jeune ? Ainsi posée, la question ne semble pas nous concerner, tellement la vocation nous parait éloignée des soucis de réussite et d’orientation scolaires. De plus les pressions abusives du passé nous inclinent à la prudence et au respect du jeune dans son évolution, à un point tel que nous observons le silence en ce domaine, privant ainsi nos élèves d’un témoignage qu’ils attendent sur le sens à donner à leur vie.
Voici la démarche d’un groupe d’enseignants d’Amiens qui, à la suite dune session régionale de religieuses, de la région Champagne-Picardie, 12 religieux (ses) et laïcs, de sept écoles différentes se sont mis en recherche avec un prêtre...
En novembre 1976, trois membres du Service diocésain des Vocations s’interrogent sur l’information du groupe et commentent le document 322 de " Enseigne.
ment Catholique Documents ", " Vocation et projets de vie ", ils proposent une grille de réflexion sur le thème : " Nos services d’Eglise " :
Après réflexion, nous nous sommes fixé trois objectifs communs :

- réfléchir au projet éducatif et à la manière dont nous le vivons ;

- travailler régulièrement afin que la journée prérentrée favorise réellement la mise en oeuvre du projet éducatif entre professeurs ;

- porter nos efforts sur le conseil de classe : voir les jeunes comme des personnes entières.

- Etablissement par des ateliers diversifiés (parents, professeurs, élèves) de propositions concrètes à mettre en oeuvre dès l’année scolaire 77-78,

- Organisation d’un Congrès-Maison qui mettra sur pied une " charte " : " Notre institution au service des jeunes ", S’il est impossible actuellement d’établir un bilan précis d’une pareille entreprise, à l’étape où nous sommes cependant, il me semble passionnant que notre " Communauté éducative " - au moins pour une minorité de ses membres se soit laissée interroger, bousculer, par l’Evangile.
Plus et mieux qu’auparavant, tout au long de ces derniers mois, nous nous sommes demandés ce que le Seigneur voulait de nous, ensemble. Je ne me sens pas écartelé entre mes deux " ministères ". Voire même, si je relis avec attention les desiderata exprimés par les ateliers qui avaient choisis l’étude du cinquième thème, " donner un sens à sa vie ", j’y relève au hasard quelques souhaits qui me paraissent significatifs :

- Organiser plus rationnellement et systématiquement le travail manuel : l’école n’est-elle pas au service de tout l’homme, de tout l’enfant, pour lui permettre de mieux réaliser toutes ses richesses... en tous domaines ?

- Pour l’orientation, préférer les aptitudes aux débouchés.

- S’opposer à cette mentalité qui dévalorise les sections A. B, D par rapport à C.

- Etre tolérant, respecter les valeurs religieuses : ne pourrait-on pas trouver dans ce voeu la meilleure occasion de montrer ce qu’est l’Eglise : lieu d’annonce de la Parole non pour contraindre mais pour libérer. Telle est sa vocation !

- Accepter d’être appelé - s’en réjouir : c’est avoir une raison de vivre et d’espérer, la meilleure !
A partir de ce travail, d’autres grilles de réflexion ont été établies qui nous ont permis de progresser. En avril, nous avons suivi un exemple (dans un établissement, le directeur a préparé les professeurs au conseil de classe :
méthode de travail, temps de travail, temps nécessaire, bilan individuel et collectif), et nous avons essayé de regarder comment nous avions vécu nos conseils de classe du second trimestre.

- Trop souvent les élèves jugent ce conseil comme un "tribunal ".

- Les professeurs ont tendance à y vivre une zone secrète :
ils portent facilement un regard " chiffré " sur le jeune.
De nos différentes expériences de conseil de classe, il se dégage un regard d’ensemble pessimiste :
beaucoup de négatif ; cela nous permet de nous remettre en question.

- Les professeurs n’ont pas tous le même objectif, mais notre regard sur le jeune change ; il est autre : il dépasse le scolaire.
La qualité du conseil de classe dépend du temps passé gratuitement avec le jeune ; il dépend aussi de toute une vie de relation entre professeurs ; c’est un appel pour l’an prochain à insister sur la relation entre professeurs.
En conclusion, nous avons découvert le grand intérêt d’aborder la réalité scolaire par la visée de la vocation : l’enjeu est de passer d’une démarche de rôles, de fonctions, par lesquels se vit implicitement une vocation, à une prise de conscience de sa responsabilité vécue. La Révélation chrétienne retentit au coeur de ces responsabilités ; on découvre dans la foi que l’on répond à une vocation.

Bourges A partir des propositions de recherche de vérité pour une école

En mars 1976, le numéro 28 d’E.C.D., intitulé " Propositions pour une recherche de vérité pour une Ecole Catholique " atterrissait sur mon bureau.
Dés sa première lecture, je pensai que cette recherche devrait nous aider à mieux réaliser notre travail auprès des jeunes, et je partageais cet intérêt avec une éducatrice des classes de quatrième, troisième de l’Institution de 1500 élèves où jé suis aumônier du groupe des adolescents... à mi-temps, puisque j’assume aussi la co-responsabilité du Service Diocésain des Vocations de mon diocèse.
J’ai décidé d’en faire part au Conseil d’Etablissement du Collège où se retrouvent des professeurs, des élèves, des parents, ainsi que des membres du personnel administratif ; une vingtaine de personnes.
Il y eut d’intéressantes réactions ; on brasse des idées diverses ; on bâtit un projet sur deux années scolaires, qui associe toute la maison à une lecture pratique du document, avec le souci de le faire " nôtre " et ceci en quatre étapes :

- Premier semestre 76-77, création d’ateliers homogènes de parents, d’élèves, de professeurs, correspondant à chaque chapitre du document,

- Constitution d’un " livre blanc " rassemblant les conclusions établies par les dix-neuf ateliers qui ont fonctionné régulièrement, mais chacun à son rythme.

Cambrai Dans un Centre de formation pédagogique

Ce qui vient d’abord à la pensée c’est que le Centre de Formation Pédagogique n’a rien à voir avec une pastorale des vocations.
Et pourtant, les stagiaires sont de plus en plus désireux de vivre au nom de leur foi leur profession future. La catéchèse qui est vécue au C.F.P, et les temps forts qui rassemblent les volontaires (retraites ou récollections) manifestent de plus en plus le souci de confronter vie et foi.
Les questions relatives au sens de la vie, si fondamentales aujourd’hui, ne sont pas sans retentissements dans une communauté éducative où la préparation à un mariage prochain et la formation professionnelle interrogent souvent en même temps ceux et celles qui sont réunis. La qualité de ce qui est vécu quotidiennement dans cette communauté d’Eglise qu’est le C.F.P, éveille des réponses et un art de vivre où chacun doit se déclarer et construire . La coresponsabilité ecclésiale devient peu à peu effective et appelante.
Par ailleurs, les médiations que demande une pastorale des vocations ne sont-elles pas à chercher du côté de ces futurs enseignants qui sont résolus à faire exister les autres selon leurs richesses ?
Ces quelques convictions ont d’abord été implicites : membres du C.F.P, et serviteurs d’une pastorale des vocations ont d’abord travaillé séparément avant de se rendre compte qu’ils avaient en commun beaucoup de choses.
Toutefois, ces convictions ne se réalisent pas encore en termes d’organisation et de structure. Un travail reste à poursuivre, il est immense. Il ne consiste pas à mettre " en plus " quelque chose, mais à conduire jusqu’en ses dernières exigences un travail d’éducation et d’éveil qui se fait en Eglise et pour l’Eglise, entendue au sens que lui donne saint Paul (Ep 4).

Reims Projets d’une Commission diocésaine de pastorale

La commission diocésaine de pastorale de l’Enseignement catholique avait décidé de travailler en lien avec le service diocésain des vocations pendant l’annee scolaire 1977-1978, pour aider parents, professeurs et élèves a prendre mieux conscience de leur vocation humaine et chrétienne, et à former des communautés appelantes ", Dans chacun des cycles, est propose un programme différent.

- Pour les seconds cycles, en lien avec la commission pédagogique, les professeurs peuvent réfléchir sur la manière dont nous prenons en compte l’ensemble de la vie d’un jeune.
Pour les parents et les éducateurs engagés dans la catéchèse, est organisée une réflexion biblique, anthropologique et ecclésiologique sur le thème de l’appel, au cours de trois soirées dans le premier trimestre.
Des prolongements pédagogiques seront proposés et vérifiés ensemble au second trimestre, Avec les animateurs, nous proposons deux temps forts pour les élèves des seconds cycles.

- Pour les premiers cycles, nous avons pensé pouvoir proposer aux parents et éducateurs engagés dans la catéchèse, la réflexion sur le thème de l’appel. Nous organisons une conférence-débat, largement ouverte à tous les parents et professeurs, sur ce thème de la vocation, animée par un responsable du service national des vocations.
Pour les quatrième-cinquième, nous avons prévu pendant le Carême, une célébration pour marquer notre lien avec l’église locale et la diversité de nos vocations. Cette célébration serait préparée par l’ensemble des écoles.
Enfin, nous préparerons des pistes de récollections.
En travaillant pendant toute une année en lien avec le service des vocations, nous voudrions favoriser la prise de conscience par tous de ces quelques idées-forces ;

- Le problème de la vocation dépasse singulièrement celui des vocations sacerdotales ou religieuses et concerne tout homme " appelé " par Dieu à remplir le rôle irremplaçable qu’il lui réserve.

- Cet appel de Dieu passe par des voix (et des voies) humaines inattendues et chacun doit être à l’écoute, attentif pour entendre et comprendre cet appel,

- Chacun enfin est appelé par Dieu à travers les voies multiples que le Seigneur utilise et a en même temps lui-même mission de Dieu pour appeler les autres à son service.
Le document sur " Vocations, projets de vie " (n° 322), qui a été publié dans " Enseignement Catholique Documents " de septembre 1976, pourra servir de base à notre travail.


Les jeunes d’aujourd’hui croient-ils en Dieu ?

L’hebdomadaire chrétien" La Vie ", par l’intermédiaire de l’IFOP a interrogé un échantillon de jeunes représentatifs des 13 millions de 15-30 ans (nous sommes 52,5 millions de français).
Ce qui les préoccupe.
D’abord des problèmes immédiats et quotidiens :
le travail, les études, le logement, éléments nécessaires pour asseoir leur indépendance.

Parmi les problèmes Suivants, quel est celui qui vous préoccupe le plus en ce moment ?
- Trouver du travail
16 %
- Changer de travail
12 %
au total
28 %
- Terminer des études
21 %
- Reprendre des études
6 %
au total
27 %
- Trouver un logement
7 %
Total général
62 %

A quoi rêvent-ils ?

Pas de passion pour les grands idéaux ni de flamme bouleversant leur sens des réalités. Leur idéal serait-il de l’ordre du confortable ? L’avenir est bouché, il faut se rattacher aux valeurs sûres. " Ils choisissent l’indépendance contre les responsabilités ; mais qui leur en donne et quel en est le contenu ? " constate A. Rousseau, sociologue du Centre Lebret qui a collaboré au sondage.

Quelle est, parmi les formules suivantes, celle qui exprime le mieux ou se rapproche le plus de votre idéal ?
- Fonder un foyer heureux
32 %
- Etre utile aux autres
19 %
- Se faire une situation
18 %
- Etre indépendant
12 %
- Changer les structures de la société
6 %
- Avoir des responsabilités
6 %
- Militer pour ses idées
3 %
- Autres
2 %
- Vivre selon l’Evangile
1 %
- ?
1 %
Total général
100 %
62 % souhaitent fonder un foyer heureux, se faire une situation, être indépendant.

A quoi croient-ils ?

" La Vie " fait intervenir ici les réponses qu’elle avait obtenues 10 et 20 ans auparavant. On constate une baisse des oui, est-ce parce qu’on " croit moins " ou parce qu’il est plus facile aujourd’hui de le dire ? ou parce qu’on le dit autrement ?

Croyez-vous en Dieu ?
 
1977
1967
1957
Oui
62
81
73
Non
30
17
17
Ne se prononcent pas
8
2
10

Les jeunes et la pratique religieuse

Par ailleurs, la diminution de la pratique dominicale est manifeste. Ils sont 14 % à aller à la messe au moins une fois par mois. Dans l’ensemble des seuls catholiques ils représentent cette fois 17 %. Mais il y a dix ans, ils étaient deux fois plus nombreux.
Pourquoi ? 57 % répondent soit que la messe les ennuie, soit qu’ils ont ii vraiment autre chose à faire le week-end " ; 5 % qu’ils ont " d’autres occasions de rencontre et de prière avec des chrétiens ".
Ce sont des filles qui pratiquent le plus, 60 %.
52 % des jeunes pratiquants ont entre 15 et 19 ans (l’échantillon allait de 15 à 30 ans), 46 % d’entre eux ont fait des études secondaires, 29 % ont au moins le bac, 85 % sont eux-mêmes enfants de pratiquants.
Politiquement, ces pratiquants se situent à 41 % au centre, 18 % à droite, 12 % à gauche et 29 % non classés. Là encore A. Rousseau avance la lourdeur des chiffres bruts du sondage : la transmission de la foi est plus forte qu’ils ne le laissent paraître.

Parents
Jeunes
 
Bien * intégrés
Peu * intégrés
Détachés *
Extérieurs *
Deux pratiquants
25
44
19
12
Un seul pratiquant
8
28
46
18
Non pratiquants
4
25
45
26
* Pratiquent au moins 1 fois par mois
* Pratiquent 1 fois par an
* D’une autre ou sans religion


" La Vie " Hebdomadaire chrétien d’actualité.
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